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Ancien dossier CSN

Fausses alertes de balises COSPAS SARSAT

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publié le 29 novembre 2013

Au regard des statistiques nationales relatives à la mission « Recherche et Sauvetage en mer », la proportion de fausses alertes de balises maritimes répondant aux standards du système COSPAS SARSAT reste d’année en année très importante.
Le chiffre de 90 % de fausses alertes est même atteint pour l’année 2012 !
Les raisons sont dues principalement à des erreurs de manipulation, des dysfonctionnements de balises ou liées aux mauvaises conditions de mer.

S’agissant du secours en mer, le déploiement de moyens de recherche par les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) trouve toujours sa justification, quel que soit le résultat final si, dans le même temps, toutes les actions sont menées en amont pour neutraliser sinon réduire les déclenchements intempestifs de balises.

C’est la raison pour laquelle nous engageons une démarche de sensibilisation des marins professionnels, sans pour autant stigmatiser une activité maritime, pour amorcer, dès l’année 2014, un cycle vertueux de baisse significative des fausses alertes.

Pour atteindre cet objectif, voici d’ores et déjà quelques conseils, pour éviter un déclenchement intempestif de la balise :

Pour réduire les fausses alertes

  1. Maîtrise du matériel :
    • Être au fait du fonctionnement de la balise ?
    • Éviter les manipulations inutiles.
  2. Vérification du bon fonctionnement de la balise :
    • Tester sa balise via le bouton d’auto-test présent sur la balise ?
    • Ne jamais déclencher la balise autrement qu’en détresse.
  3. Conseils en attendant une hypothétique utilisation :
    • Entreposer la balise de survie dans des endroits sec et non humide ?
    • Installer la balise de pont, si possible, à l’abri des embruns et paquets de mer ?
    • Lors du lavage de pont, au port, faire attention à ne pas asperger la balise.
  4. Fin de vie de la balise :
    • Faire ré-encoder la balise (et l’enregistrer) en cas de vente ?
    • Désolidariser la batterie du corps de la balise avant de la mettre au recyclage.

En cas de fausse alerte

Il est important de rappeler qu’il est essentiel de contacter le plus rapidement possible le CROSS compétent dans la zone. Une fausse alerte, non volontaire, n’est pas soumise à sanction.
Le CROSS, après avoir pris tous les renseignements de la fausse alerte auprès du responsable, rendra compte de l’opération par un compte-rendu [1] exposant les causes de la fausse alerte.
Éventuellement, pour des fausses alertes répétitives, issues d’un même navire, le CROSS
peut prendre l’attache du Centre de Sécurité des Navires pour signaler les problèmes rencontrés avec la balise (montage défaillant, problématique de fin de vie de la balise, etc…).

Au cours de la visite périodique de votre navire, n’hésitez pas à aborder ce point technique avec l’inspecteur de l’ANFR voire avec les inspecteurs des centres de sécurité des navires, et ainsi vérifier la maîtrise de ce type de matériel.

Aucun secteur maritime n’est épargné par l’émission de fausses alertes : marins professionnels (pêche et commerce) autant que plaisanciers sont à l’origine de fausses alertes :

Ce tableau indique clairement que le ratio d’émission [2] est le plus élevé pour le secteur de la pêche. Cependant, bien que le ratio soit plus élevé à la pêche, c’est au commerce que l’on observe le taux de fausses alertes le plus important (97%).

Les indicateurs mis en place pour le suivi des fausses alertes se définissent selon les catégories suivantes :

  • les mauvaises manipulations,
  • les dysfonctionnements de balises,
  • le montage défaillant,
  • les conditions environnementales,
  • les activations volontaires (interdites en dehors d’une situation de détresse)
  • et la catégorie inconnue pour laquelle le retour d’information est incomplet.

La répartition des fausses alertes dans chacune de ces catégories s’articule selon les données du tableau ci dessous :

La levée d’inquiétude, pour la plupart des fausses alertes, ne dépasse généralement pas une heure. Cependant, à l’occasion de certaines opérations pour lesquelles la discrimination ne peut être faite rapidement, de nombreux moyens SAR [3] peuvent être engagés.
Les aéronefs (avions, hélicoptères) sont les moyens les plus généralement employés pour la levée d’alerte. Pour mémoire, le coût d’une heure de vol du Dragon (hélicoptère de la Sécurité civile) se monte à environ 3700€, celle du Dauphin (hélicoptère de service public de la Marine Nationale) à près de 6800€. Il faut compter 7000€ pour une heure de Falcon (Marine Nationale).
Ainsi, sans compter le coût du personnel armant les CROSS, la « facture » engendrée par une fausse alerte, dont la levée de doute ne pourrait se faire rapidement, peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Comme tout système d’alerte, un nombre élevé de fausses alertes peut avoir des conséquences négatives autant pour les équipes en charge de les traiter dans les centres opérationnels (CROSS) que pour les utilisateurs qui pourraient être gagnés par un sentiment général de d’absence de fiabilité.

Dans le cas des balises Cospas Sarsat, à l’image d’autres systèmes similaires, les fausses alertes sont générées pour la quasi totalité des cas par les mauvaises manipulations…

[1SITREP

[2nombre d’émission sur la population des
balises

[3Search And Rescue - Recherche et Sauvetage en mer