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DM SOI
DIRECTION DE LA MER sud océan Indien

DIAGNOSTICS ET ENJEUX MARITIMES DANS L’OCEAN INDIEN

publié le 26 août 2011 (modifié le 29 août 2011)

La DM SOI intervient dans un environnement régional marqué par de forts enjeux maritimes, littoraux et de développement durable.

La place de l’océan indien dans l’économie mondiale devient prépondérante avec l’essor du sud de l’Asie et de l’Inde. Sa sensibilité stratégique apparaît chaque jour davantage. Bordée par la principale réserve mondiale d’hydrocarbures, la zone sud de l’océan indien sert de vecteur au transport maritime pétrolier. 50 % de ce transport transitent chaque année du Golfe Persique vers le Cap par le Canal du Mozambique. Elle est également traversée par les routes des portes-conteneurs vers l’Asie que sont Malacca –Suez et Malacca – Le Cap, vitales pour les échanges mondiaux.

La surveillance, le contrôle, la sécurité et la sûreté des routes maritimes de l’océan indien constituent donc un enjeu majeur non seulement pour l’économie mondiale avec la question de la piraterie au large de la corne de l’Afrique, mais aussi pour la crédibilité des États qui y exercent des prérogatives de souveraineté territoriale. Ceci est particulièrement le cas de la France au titre de la Réunion, de Mayotte, des Iles Éparses et des Iles australes des TAAF. A ce titre, autour de ces îles les zones sous souveraineté ou sous juridiction française dans l’océan indien représentent 2,8 millions de km2 , soit le quart des zones économiques exclusives françaises. Par ailleurs, la zone de responsabilité confiée par l’organisation maritime internationale pour le sauvetage maritime à la France dans l’océan indien recouvre une superficie de 5,6 millions de km2.

Les ressources économiques de l’océan indien concernent aujourd’hui encore pour l’essentiel la pêche. S’y rassemblent depuis l’affaiblissement des stocks halieutiques des autres océans des flottilles de pêche du monde entier. L’importance de la pêche illicite constitue une menace pour cette activité économique et son développement durable. La France tient dans cette région une place originale, à partir de ses territoires et grâce aux flottilles réunionnaises, métropolitaines et bientôt mahoraises, à la fois d’État riverain et d’État pêcheur. Elle y est reconnue pour ses efforts déterminants pour la protection de la ressource halieutique.

De nouveaux enjeux y apparaissent également avec les prospections en cours dans les parties française et malgache du canal du Mozambique de ressources en hydrocarbures, et avec l’émergence des énergies marines renouvelables. Ces dernières constituent un gisement aux potentialités importantes pour lesquelles la Réunion est identifiée comme site d’expérimentation national.

La diversité politique, économique et sociale des États riverains de l’océan indien doit être soulignée, elle est accompagnée d’une instabilité politique marquée dans certaines zones. A cet égard, la connaissance mutuelle et les actions de coopération se révèlent primordiales. Pour cela, le secteur maritime constitue un réservoir important d’initiatives parce qu’il s’appuie sur un mode de fonctionnement ouvert sur l’extérieur, sensible à la solidarité des gens de mer et propre à la concrétisation de projets à fort impact (sauvetage en mer, lutte conte les pollutions accidentelles, contrôle des pêcheries). En matière maritime, d’ailleurs, l’action nationale n’est efficace que si elle se prolonge au-delà de ses eaux territoriales. La coopération régionale ou internationale y est donc une nécessité de méthode.

Dans une région où se regroupent entre la Réunion et Mayotte plus d’un million de ressortissants français, l’activité liée à la mer renforce la croissance et consolide la structuration sociale et économique de ces îles d’outre-mer éloignées de 10 000 km de la métropole.

Le secteur des transports maritimes et des activités portuaires de la Réunion assure la quasi-totalité des approvisionnements et des exportations de la Réunion. Il représente 2 000 emplois. Le désenclavement maritime de Mayotte est en cours. La lutte contre l’immigration maritime clandestine y tient une place cruciale.

Le nautisme et le tourisme bleu constituent des points d’appui importants du développement économique de la Réunion et de Mayotte.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture représente 1 100 emplois à la Réunion et constitue le second poste des exportations de l’île. On recense près de deux mille pêcheurs à Mayotte.

Les activités scientifiques animent les territoires des terres australes et antarctiques françaises, îles australes et îles Éparses. Ces territoires, au-delà de leur intérêt scientifique et écologique lié à leur biodiversité exceptionnelle, sont d’importantes zones de souveraineté maritime exploitées par les armements de pêche réunionnais, métropolitains et étrangers.